Makine

21 Juin

« Dans ses récits, il parvenait, je ne sais comment, à éviter la répétition. Pourtant, il s’agissait invariablement de femmes convoitées, séduites, possédées. Il les prenait couchées, debout, recroquevillées dans la cabine de son camion, adossées au mur d’une étable au milieu de la rumination ensommeillée des bêtes, dans une clairière au pied d’une fourmilière (« On avait tous les deux les fesses bouffées par ces saletés! »), dans des bains de vapeur… Sa langue était à la fois crue et fleurie: il faisait « craquer ce gros cul comme une pastèque », et dans les bains « les seins, ça gonfle, ça prend du volume, oui, ça monte comme une pâte qui lève, « je l’ai poussée contre un cerisier, je l’ai enfoncée et je l’ai tellement secouée qu’il y a eu plein de cerises qui nous tombaient dessus, on était tout rouges de jus… ».Au fond, c’était un véritable poète de la chair et la sincérité de son extase devant le corps féminin sauvait son récit de la monotonie des coïts. »

(…)

« Malgré ce jeu, le corps féminin était pour lui, naturellement, logiquement, la seule chose pour laquelle il valait la peine de vivre. »

Andreï Makine, La femme qui attendait

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