Réflexions sur le surréalisme

14 Août

Tranchons-en: le merveilleux est toujours beau, n’importe quel merveilleux est beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau.

André Breton, Manifeste du Surréalisme, 1942

Il y a dans toute personne qui écrit une vocation surréaliste qui s’avoue, qui avorte, apparaît quelque fois usurpée, mais qui, même fausse, exprime un effort et un besoin sincères.
L’écriture automatique est une machine de guerre contre la réflexion et le langage.
(…) l’idée qu’il doit y avoir dans la constitution de l’homme un moment où le langage n’est pas le discours, mais la réalité même, sans cesser toutefois d’être la réalité propre du langage (…) où l’homme touche à l’absolu.
Le résultat c’est que les mots libres deviennent des centres d’activité magique.
C’est la rhétorique devenue matière.
Le langage disparaît comme instrument mais c’est qu’il est devenu sujet.
Dans l’écriture automatique ce n’est pas le mot qui devient libre mais le mot et la liberté ne font plus qu’un.
Je me glisse dans le mot, il est ma réalité imprimée.
L’imagination consiste à expulser de la réalité plusieurs personnes incomplètes pour, mettant à contribution les puissances magiques et subversives du désir, obtenir leur retour sous la forme d’une présence entièrement satisfaisante. C’est alors l’inextinguible réel incréé.

Maurice Blanchot

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :